Comment l’élève intègre la pédagogie numérique en classe ? On parle en effet trop souvent d’une intégration de la technologie par l’enseignant et autour de l’enseignant.

L’élève, dès lors, qu’il dispose d’une machine devrait devenir un acteur et un créateur. Du moins il devrait être en interaction avec d’autres ou avec l’enseignant …

 

On peut en fait distinguer 4 stades d’intégration de la technologie dans les apprentissages :

 

 

Premier stade : Apprentissage dirigé

L’apprenant utilise la technologie de façon dirigée.

L’apprenant est dirigé dans le choix et l’utilisation constructiviste de la technologie à des fins d’apprentissage, mais c’est souvent pour accomplir des tâches purement académiques (qui seraient entièrement réalisables sans la technologie).

 

 exemple : remplir un Socrative ou un Google form pour compléter une évaluation

 

La situation française avec ses programmes scolaires chapitrés et divisés en heure de classe font que rapidement toute activité est très dirigée … De fait l’enseignant se retrouve en situation de guider (et souvent en situation pseudo magistrale) et les élèves attendent les objectifs.

La technologie s’intègre dans ce schéma en complément du reste. On intègre parfois une activité « numérique » mais celle ci est guidée par une consigne très claire.

 

Deuxième stade : Apprentissage encadré

L’apprenant accède à de nombreux réseaux, mais nécessite support, encadrement et planification pour en tirer profit au niveau de l’apprentissage.

À ce stade, l’apprenant a une certaine capacité à sélectionner la technologie, la plateforme ou même le contenu approprié à son besoin. L’apprentissage traditionnel en classe commence à être perturbé.

 

exemple : déjà une recherche internet bien développée permettra de mettre l’élève en situation de choisir ses documents et de développer un esprit critique.

On peut aussi fixer un objectif : « faire un exposé sur X » et laisser ensuite les élèves libres de choisir le support de présentation (film, diaporama, mini blog, …)

 

Troisième stade : Apprentissage mobile.

La technologie mobile fait tomber la notion de salle de classe traditionnelle.

Les apprenants « mobiles » entrent en conflit avec les programmes d’apprentissage normalisés, non flexibles. En fait, les expériences d’apprentissage mobiles sont imprévisibles par nature, exigeant des moyens de communication variés, une pensée critique développée et une forte dose d’ingéniosité chez les élèves.

On fera attention à ne pas perdre des élèves qui eux sont moins créatifs … Mais d’une manière générale le positionnement de l’enseignant devant des élèves est remis en cause. Les élèves se lèvent et circulent plus aisément dans les couloirs et les bâtiments et utilisent le professeur comme « arbitre » de plusieurs vecteurs d’apprentissages.

 

Quatrième et dernier stade : Apprentissage autodirigé

À ce dernier stade, l’apprentissage traditionnel n’a tout simplement plus sa raison d’être.

L’apprentissage autodirigé est basé sur la curiosité et le jeu. Il est soutenu par des algorithmes d’apprentissage personnalisés et le recours à des réseaux authentiques. L’apprenant évolue de façon autonome et critique dans les fondements de toutes ses expériences d’apprentissages.

Ce stade n’est finalement qu’un but à atteindre car si on y pense cela revient à « être adulte » . Nous sommes ainsi un apprenant permanent mais autonome… On attend ce stade quand on a bien compris les enjeux du monde numérique, que l’on est à l’aise avec les outils et le changement …