Le Petit Journal est un quotidien parisien républicain et conservateur, fondé par Moïse Polydore Millaud1, qui a paru de 1863 à 1944. C'est, à la cheville entre les xixe et xxe siècles et jusqu'à la Première Guerre mondiale, l'un des quatre plus grands quotidiens français, avec Le Petit Parisien, Le Matin, et Le Journal. Il tire à un million d'exemplaires en 1890, en pleine crise boulangiste.

 

Le Petit Journal attire de nombreux lecteurs car le passage de l'impression « à la feuille » à l'impression en rotative lui permet d'être bon marché : il ne coûte que 5 centimes au lieu de 15 centimes pour les journaux ordinaires. Il a un format commode (43 × 30 cm), est accessible à tous (pas d'abonnement), et propose, à côté de l'information nationale et internationale, un contenu distrayant comprenant fait divers, feuilletons, horoscopes et chroniques. Journal se déclarant apolitique – même si ce n'est pas tout à fait le cas –, il est dispensé du timbre. Il s'agit en outre d'un journal du soir, vendu par des crieurs à la sortie des usines et des ateliers. Il est l'emblème d'une nouvelle forme de journalisme qui se développe, celle de la petite presse.

 

Le petit journal

 

Le Petit Journal voit en fait ses ventes considérablement augmenter lorsqu'il se met à publier le compte-rendu de faits divers extraordinaires, comme l'Affaire Troppmann, en septembre 1869. Tout Paris se presse à Pantin, où l'on vient de découvrir sept cadavres appartenant à une même famille. Autour de la fosse, on a monté une fête foraine. Devant l'émotion suscitée par cette tuerie, Alphonse Millaud, patron du Petit Journal, décide de couvrir abondamment l'histoire. Immédiatement, le pays tout entier se passionne pour cette famille odieusement massacrée. La police arrête un certain Jean-Baptiste Troppmann, alors qu'il tentait d'embarquer pour les Amériques. Il a sur lui les papiers et les bijoux de l'infortunée famille. Pour Millaud, l'affaire Troppmann se révèle être une mine d'or : le tirage du journal passe ainsi de 200 000 exemplaires par jour à 300 000, puis à 500 000 ! Cette exploitation des faits divers devient alors la stratégie éditoriale du journal, sur laquelle beaucoup d'historiens porteront un jugement sévère

 

 

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